Les recommandations de l’ANCRE pour la réussite de la transition énergétique

by Ancre_Admin

Les recommandations de l’ANCRE pour la réussite de la transition énergétique

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Prenant appui sur les enseignements des scénarios de transition énergétique pour la France qu’elle a élaborés en 2013, l’ANCRE organise le 29 avril prochain, au Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, une journée scientifique autour de l’apport de la R&D à une transition énergétique réussie.

 L’ANCRE a publié,  dans le cadre du débat national sur la Transition Energétique, trois scénarios possibles représentatifs d’évolution du système énergétique français à l’horizon 2050, et une variante. Les trois trajectoires proposées, traduisent des visions du monde contrastées, mais visent toutes à l’atteinte du “Facteur 4” (division par 4 au moins des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’énergie) et à une diminution de la part du nucléaire dans le mix électrique (vers 50 % à l’horizon 2025 ou au-delà).

Ce travail collectif explicite clairement les hypothèses sous-jacentes à chaque scénario, ainsi que leurs implications sur le plan des technologies à développer, de leurs performances nécessaires et du rythme souhaitable de diffusion de l’innovation, mais également sur celui des modes de vie et des comportements. Dans tous ces scénarios, le respect de ces objectifs impose un déploiement massif des meilleures technologies, le respect du facteur 4 n’étant possible que grâce à la mise en œuvre de technologies de rupture.

Les grands invariants en termes d’innovations technologiques

Le travail de scénarisation a souligné la nécessité d’accélérer les efforts sur les « grands invariants » des scénarios de transition énergétique (c’est à dire les actions à mener dans toutes les hypothèses de scénarios envisagés) :

  • L’efficacité énergétique est au cœur de la nécessaire réduction de la consommation d’énergie nationale dans les transports, le bâtiment et l’industrie.

La R&D peut contribuer à relever ce défi en permettant le développement de produits, procédés et services compétitifs et moins consommateurs d’énergie. De même, elle peut apporter les outils de mesure et de modélisation pour la conception de systèmes urbains intégrés plus économes en ressources. Réduire de 30 à 40 % la consommation d’énergie finale nationale nécessite une accélération des innovations et suppose des évolutions significatives et rapides des usages. Le véhicule 2l/100km doit par exemple se généraliser à l’ensemble des ventes de véhicules conventionnels dès 2025-2030 et les véhicules électrifiés représenter au minimum un quart du parc en 2050.

  • Des énergies renouvelables (ENR) compétitives et en synergie, pour la partie électrique, avec un parc de production nucléaire

Qu’il s’agisse du solaire, des énergies éoliennes ou marines, de la biomasse ou de la géothermie, de nombreuses avancées ou rupture technologiques peuvent réduire les coûts de mise  en œuvre de ces sources, qui restent aujourd’hui encore élevés. Les “coûts de système” (cf. infra) devront aussi diminuer. L’objectif est d’atteindre, entre 2025 et 2035 et par la combinaison des progrès techniques et des “effets d’apprentissage”, des coûts voisins de ceux des autres moyens de production. Le nucléaire, fondamentalement complémentaire des ENR « électriques », sous réserve de préserver ses faibles coûts et la priorité donnée à la sûreté, est un atout pour la transition.

  • Du stockage de l’énergie à une nouvelle intelligence des réseaux : améliorer les systèmes

Le déploiement massif des énergies renouvelables “variables” nécessite d’optimiser l’ajustement continu de l’offre à la demande énergétique (quelle que soit sa nature), tout en garantissant la fiabilité de la fourniture d’une énergie peu carbonée pour un prix de revient acceptable. Innover dans le domaine du stockage, des solutions d’inter-conversion et des réseaux intelligents est une des clés de la montée en puissance des ENR dans le mix électrique, via la réduction des “coûts de système”.

A chaque trajectoire, sa technologie de rupture

Mais pour augmenter les chances d’atteindre les objectifs visés particulièrement ambitieux, le travail de scénarisation a montré l’importance du recours à des technologies de rupture. Elles peuvent avoir un impact majeur sur les conditions de la transition énergétique : captage, recyclage et stockage du CO2 ; stockage électrique de grande capacité, utilisé en particulier en mode inter-saisonnier et permettant une pleine utilisation des énergies renouvelables variables ; récupération des chaleurs perdues, y-compris dans les centrales électriques nucléaires. La R&D devra travailler dès maintenant sur ces concepts innovants, encore loin des applications courantes : il n’y a dans ce domaine pas de temps à perdre !

Techniques, acteurs, systèmes et territoires : un appel à la pluridisciplinarité scientifique !

La transition énergétique amène également à une bonne compréhension des comportements des acteurs pour faire en sorte que ceux-ci participent collectivement à une meilleure intégration et diffusion des innovations technologiques au sein des territoires. Elle signifie également une nouvelle organisation des pouvoirs et des responsabilités, ainsi que de nouvelles pratiques de gouvernance qu’il convient d’anticiper. Les systèmes énergétiques de demain, dans leur double dimension technique et institutionnelle, restent à inventer ! Une démarche conjointe alliant sciences physiques, technologie et science humaines et sociales doit aussi permettre de favoriser l’innovation sociétale.

Prévoir et évaluer !

Les scénarios énergétiques restent cependant des exercices théoriques tant qu’ils ne sont pas couplés à des modèles économiques qui seuls permettent d’en vérifier la faisabilité et l’acceptabilité en termes de coûts. Afin de fournir aux décideurs des éléments d’appréciation, un premier travail d’évaluation économique, sociale et environnementale a ainsi été réalisé par l’ANCRE. Si ce travail donne de premiers éclairages, il reste très incomplet, compte-tenu de la complexité des questions posées, des incertitudes ainsi que de l’état des outils de modélisation actuels –. Cette évaluation des trajectoires de transition énergétique demeure un objectif majeur pour l’Alliance.

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